Christophe Greffet

Christophe Greffet

Ma rencontre avec Marylise Lebranchu

La question épineuse des emprunts toxiques a connu une actualité récente avec l’annulation par le Tribunal de Nanterre des taux d’intérêt de prêts souscrits par le Conseil général de Seine-Saint-Denis auprès de Dexia. Cette décision permet de rappeler que 1000 collectivités en France sont aujourd’hui fragilisées par des prêts spéculatifs commercialisés par l’ex-banque Dexia, devenue depuis peu la Société de financement local.

C’est dans ce cadre en tant que secrétaire de l’association « Acteurs publics contre les emprunts toxiques » que j'ai rencontré ce mardi Marylise LEBRANCHU, ministre de la réforme de l’Etat et Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée à la décentralisation. Au menu des discussions, la résolution de ce dossier complexe dont le coût est estimé à près de 10 milliards d’euros. Ces échanges seront suivis dans les prochaines semaines de négociations avec le ministère des Finances et les banques françaises. Le Conseil général de l’Ain est pour sa part affecté par 200 millions d’euros de prêts toxiques souscrits avant 2008 par la précédente majorité.


Harlem Désir auprès des élus de l'Ain

S’il y a une nouvelle dont on doit se réjouir, c’est d’être encore là, à se souhaiter la bonne année, militants et sympathisants, alors que certains prophètes de mauvaise augure nous avait prédis la fin du monde il y a quelques semaines ! Personne n’y avait vraiment cru, à part quelques crédules, mais cette rumeur est à l’image du discours médiatique, constamment déprimé et alarmiste. Le résultat, c’est que beaucoup de nos concitoyens aujourd’hui, ne croient plus en l’avenir ; et lorsque l’on ne se projette plus, lorsque l’espérance disparaît, alors on crée les conditions du chacun pour soi, on installe les conservatismes. Cette culture de l’inespoir, il faut la combattre, car c’est de cette manière que nous allons pouvoir imposer les réformes que nous avons portées durant l’élection présidentielle.

Alors les élus socialistes et républicains seront au rendez-vous du changement en 2013. D’ailleurs, l’actualité nous en donne l’occasion puisque nous aurons d’ici peu, en tant que maires, à mettre en œuvre une réforme attendue, emblématique, discutée depuis hier à l’Assemblée, le mariage pour tous.

Vous avez noté de quelle manière la droite départementale a défilé à Paris contre cette réforme. On savait depuis le divorce Copé-Fillon qu’elle préférait le divorce pour tous ! Mais surtout, lorsqu’elle est confrontée à l’intime, elle est incapable de comprendre l’évolution des mœurs. Ses arguments sont les mêmes que ceux qui étaient utilisés hier par l’Eglise contre la contraception ou l’engagement professionnel des femmes : perte des repères, dissolution de la famille, fin de la civilisation même ! La vérité, c’est que cette réforme, c’est la voie de l’émancipation : même l’Argentine, qui se veut catholique à plus de 90%, l’a adoptée en 2010 ! Lorsqu’elle se sera imposée dans toutes les sociétés démocratiques, alors le parti socialiste pourra être fier de l’avoir défendue en France !

Pour autant, le conservatisme, il est parfois aussi dans nos rangs d’élus, ne nous le cachons pas. Prenez la question de la limitation du cumul des mandats : cette mesure a été portée par le candidat François Hollande et validé lors de l’élection présidentielle. Le parti socialiste n’a d’ailleurs pas à rougir sur le sujet : il a toujours été à l’initiative. Alors affichons autre chose que de la frilosité sur le sujet, tenons nos promesses, les Français nous attendent et ils sont raison. Je veux dire aussi l’espoir que nous mettons dans ce gouvernement pour donner un souffle nouveau à la décentralisation. Durant cinq années, les élus, les collectivités, ont été stigmatisés, dénoncés : trop de dépenses nous disait-on ! Lorsqu’on sait de quelle manière la droite départementale a géré la question de la dette au point de la rendre toxique et explosive aujourd’hui, je me dis que nous n’avons pas de leçon de bonne gestion à recevoir de sa part.

Fort heureusement, le contexte a changé : François Hollande a su nouer un nouveau contrat de confiance avec les départements et une loi se profile. Mais je le dis aussi : nous n’avons pas vocation, en tant que Conseil général, à nous laisser enfermer dans un rôle d’assistante sociale de la décentralisation. Les politiques sociales, nous les assumons : 200 millions d’euros par an dans l’Ain. Mais qui veut aujourd’hui moins de logement ? Moins de culture ? Moins de transports collectifs ? Personne ! Nous ne demandons pas à être exonérés de l’effort de redressement national mais c’est en redonnant une autonomie financière aux collectivités qu’elles pourront y participer.

Nous voilà prévenus : la voie du changement va devoir affronter des vents violents. C’est même une sorte de Vendée Globe au long cours qui se profile. La droite sera au rendez-vous de l’opposition, avec son absence totale d’autocritique. Mais peut être aussi verrons nous des conservatismes se dresser là où on ne les attendait pas.

Pour réussir, François Hollande devra faire preuve d’une grande détermination. « L’action politique, disait François Mitterrand, à certaines heures, ne laisse pas de place à l’incertitude ». Mais il lui faudra aussi un parti fort à ses côtés. C’est le rôle qui est le tien cher Harlem. Je veux te dire ce soir que nous sommes plus que jamais et de tout cœur avec toi.


Mon engagement national contre les emprunts toxiques

''Près de 1000 collectivités françaises sont concernées par l’épineux problème des emprunts structurés dits « toxiques », dont les taux d’intérêt explosent dans l’actuel contexte de crise monétaire de la zone euro. Selon Bercy, le surcoût pourrait atteindre les 15 milliards d’euros pour les collectivités et hôpitaux dans les prochaines années.

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Dans l’Ain, la dette toxique souscrite avant 2008 par l’ancienne majorité départementale représente 200 millions d’euros, un des montants les plus élevés de France. D’où une forte hausse des frais financiers pour le Conseil général, qui l’an dernier a rejoint l’association nationale de lutte contre les emprunts toxiques, regroupant des élus de toutes sensibilité politiques.

En tant que Vice-président du Département délégué aux finances, je viens de me voir proposer le secrétariat de cette association par son président fondateur et président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone. Rencontres et rendez-vous vont se multiplier avec les experts et ministères pour tenter de trouver une issue à ce dossier qui oppose élus et banquiers.


En souvenir de Raymond Aubrac et de ses résistances d'hier et d'aujourd'hui

Raymond Aubrac – qui nous a quittés à l’âge de 97 ans- était venu dans l’Ain en septembre 2010 à mon invitation évoquer son parcours d’homme engagé au service d’une République solidaire et fraternelle. A presque soixante dix ans d’intervalle, lui qui avait séjourné dans le Val-de-Saône une fois libéré des griffes de Klaus Barbie, s’était plu à jeter un pont entre Résistance d’hier et combats d’aujourd’hui.


"Résistances d'hier et d'aujourd'hui" avec Raymond Aubrac
envoyé par ChristopheGreffet


Vous pouvez aussi retrouver l'intégralité de cette conférence sur ce podcast de Tropiques FM.

Dans une tribune publiée par le journal Le Monde il y a seulement dix jours, Raymond Aubrac dénonçait encore aux côtés de son ami Stéphane Hessel les récentes atteintes à l’esprit du Conseil national de la Résistance, qui avait conduit en pleine oppression nazie à jeter les bases des grandes conquêtes sociales d’après guerre.

Rappelant les trois lois majeures qui permettent aujourd’hui de faire société grâce à la solidarité –RMI, Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et Prestation de compensation du handicap (PCH), il dénonçait dans le même temps et à juste titre la fragilisation de ces droits transférés à des départements sans « moyens financiers » suffisants.

Sa foi en l’avenir le conduisait à en appeler aux collectivités locales pour parfaire le développement territorial et à souhaiter « l’amplification du mouvement démocratique décentralisé » grâce à un nouvel acte de décentralisation. Ce plaidoyer particulièrement éclairé prend un sens particulier à quelques jours d’une élection essentielle pour notre pays. L’esprit profondément républicain qu’il nous transmet continuera de nourrir notre engagement citoyen.

Tropiques FM, le magazine



Ce vendredi, j'ai été l'invité du Magazine de Tropiques FM, l'occasion d'aborder la question des emprunts toxiques contractés par la précédente majorité du Conseil général de l'Ain, d'évoquer le budget du département, le bilan de trente années de décentralisation et l'élection présidentielle à venir. Vous pouvez retrouver l'ensemble de cet entretien en cliquant ici.


Le discours de Sarkozy aux maires de France, que d'omissions

Dans l'intervention qu'il a prononcé ce soir à l'Elysée, où j'étais invité, Nicolas Sarkozy a dévoilé une partie de ses arguments de campagne devant les ministres et maires présents.

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Revenant sur le contexte international, il a justifié par la crise les mesures prises à l'encontre des collectivités locales et notamment le gel de leurs dotations, oubliant qu'il a contribué à accroître de 500 milliards en cinq ans la dette publique. Les mêmes arguments lui ont permis de défendre sa réforme territoriale et la suppression de 20% du nombre d'élus, prétextant avoir ainsi sauvé le canton, territoire particulièrement important "en milieur rural".

Il a également manifesté son opposition au vote des étrangers non européens, considérant comme "hasardeuse" l'initiative prise par le Sénat sur le sujet. Le président a par-là même oublié qu'il avait affirmé l'exact contraire en 2005 en estimant que ceux "qui paient leurs impôts et travaillent en France devaient pouvoir voter".