Christophe Greffet

Christophe Greffet

Ma rencontre avec Marylise Lebranchu

La question épineuse des emprunts toxiques a connu une actualité récente avec l’annulation par le Tribunal de Nanterre des taux d’intérêt de prêts souscrits par le Conseil général de Seine-Saint-Denis auprès de Dexia. Cette décision permet de rappeler que 1000 collectivités en France sont aujourd’hui fragilisées par des prêts spéculatifs commercialisés par l’ex-banque Dexia, devenue depuis peu la Société de financement local.

C’est dans ce cadre en tant que secrétaire de l’association « Acteurs publics contre les emprunts toxiques » que j'ai rencontré ce mardi Marylise LEBRANCHU, ministre de la réforme de l’Etat et Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée à la décentralisation. Au menu des discussions, la résolution de ce dossier complexe dont le coût est estimé à près de 10 milliards d’euros. Ces échanges seront suivis dans les prochaines semaines de négociations avec le ministère des Finances et les banques françaises. Le Conseil général de l’Ain est pour sa part affecté par 200 millions d’euros de prêts toxiques souscrits avant 2008 par la précédente majorité.


Création de l'agence de financement local

C'est une heureuse nouvelle qui nous est arrivée du tribunal de grande instance de Nanterre vendredi 8 février. Le Conseil général de Seine St Denis a en effet obtenu l’annulation du taux d’intérêt de trois prêts souscrits auprès de Dexia. Le juge a exigé de la banque franco-belge qu’elle ramène ce taux considéré comme usuraire au niveau du taux légal, fixé à 0.79 % en 2013.

Cette décision constitue un encouragement pour l’Ain et toutes les collectivités engagés dans un long combat contre les emprunts toxiques. Le Conseil général de l’Ain a pour sa part assigné en justice le Crédit agricole en novembre dernier, pour un prêt contracté par l’ancienne majorité dont le taux d’intérêt pourrait dépasser les 19% cette année.

La difficulté d’accès aux crédits figure toujours parmi les préoccupations fortes du secteur public, depuis le retrait du marché de l’acteur historique DEXIA. Une réponse majeure est intervenue le 23 janvier dernier avec la création de la Société de financement local (SFIL) qui accordera aux collectivités des volumes de prêt de l’ordre de 5 milliards d’euros par an. Afin d’en mesurer les opportunités, je rencontrerai ce mardi 12 février à Paris, le directeur de cette nouvelle banque, Philippe MILLS, récemment nommé par le ministre de l’Economie et des finances.


Rencontre avec l'équipe de Vincent Peillon pour la réforme des rythmes scolaires

La réforme des rythmes scolaires verra le retour à la semaine des quatre jours et demi en primaire dès la prochaine rentrée, sauf dérogation. Elle mobilise d’ores et déjà l’ensemble des acteurs éducatifs et notamment les communes qui devront proposer trois heures hebdomadaires d’activités pédagogiques complémentaires à destination des élèves . Face aux nombreuses questions qui restent posées à ce jour, en tant que président de la Communauté de communes du canton de Pont-de-Veyle, j'ai rencontré ce mardi à Paris le cabinet du ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon afin de préciser les modalités d’organisation et le contenu du projet éducatif territorial. Les réponses qui lui ont été apportées seront précieuses pour la mise en œuvre de la réforme au plan local.

Dans le canton de Pont-de-Veyle, c’est, en effet, la Communauté de communes qui conduira la concertation préalable à la mise en œuvre de cette réforme. Deux réunions, associant l’ensemble des enseignants, parents d’élèves délégués et délégués départementaux de l’éducation nationale, se tiendront d’ici le 18 février en présence des maires et adjoints chargés des affaires scolaires des douze communes.

Au-delà de la mise en commun des moyens, la démarche intercommunale doit permettre l’homogénéité des conditions d’application de la réforme auprès des 1200 élèves concernés qui bénéficieront ainsi, en plus de leurs heures de cours habituelles, d’activités sportives et culturelles participant à leur éveil et à leur épanouissement.


Harlem Désir auprès des élus de l'Ain

S’il y a une nouvelle dont on doit se réjouir, c’est d’être encore là, à se souhaiter la bonne année, militants et sympathisants, alors que certains prophètes de mauvaise augure nous avait prédis la fin du monde il y a quelques semaines ! Personne n’y avait vraiment cru, à part quelques crédules, mais cette rumeur est à l’image du discours médiatique, constamment déprimé et alarmiste. Le résultat, c’est que beaucoup de nos concitoyens aujourd’hui, ne croient plus en l’avenir ; et lorsque l’on ne se projette plus, lorsque l’espérance disparaît, alors on crée les conditions du chacun pour soi, on installe les conservatismes. Cette culture de l’inespoir, il faut la combattre, car c’est de cette manière que nous allons pouvoir imposer les réformes que nous avons portées durant l’élection présidentielle.

Alors les élus socialistes et républicains seront au rendez-vous du changement en 2013. D’ailleurs, l’actualité nous en donne l’occasion puisque nous aurons d’ici peu, en tant que maires, à mettre en œuvre une réforme attendue, emblématique, discutée depuis hier à l’Assemblée, le mariage pour tous.

Vous avez noté de quelle manière la droite départementale a défilé à Paris contre cette réforme. On savait depuis le divorce Copé-Fillon qu’elle préférait le divorce pour tous ! Mais surtout, lorsqu’elle est confrontée à l’intime, elle est incapable de comprendre l’évolution des mœurs. Ses arguments sont les mêmes que ceux qui étaient utilisés hier par l’Eglise contre la contraception ou l’engagement professionnel des femmes : perte des repères, dissolution de la famille, fin de la civilisation même ! La vérité, c’est que cette réforme, c’est la voie de l’émancipation : même l’Argentine, qui se veut catholique à plus de 90%, l’a adoptée en 2010 ! Lorsqu’elle se sera imposée dans toutes les sociétés démocratiques, alors le parti socialiste pourra être fier de l’avoir défendue en France !

Pour autant, le conservatisme, il est parfois aussi dans nos rangs d’élus, ne nous le cachons pas. Prenez la question de la limitation du cumul des mandats : cette mesure a été portée par le candidat François Hollande et validé lors de l’élection présidentielle. Le parti socialiste n’a d’ailleurs pas à rougir sur le sujet : il a toujours été à l’initiative. Alors affichons autre chose que de la frilosité sur le sujet, tenons nos promesses, les Français nous attendent et ils sont raison. Je veux dire aussi l’espoir que nous mettons dans ce gouvernement pour donner un souffle nouveau à la décentralisation. Durant cinq années, les élus, les collectivités, ont été stigmatisés, dénoncés : trop de dépenses nous disait-on ! Lorsqu’on sait de quelle manière la droite départementale a géré la question de la dette au point de la rendre toxique et explosive aujourd’hui, je me dis que nous n’avons pas de leçon de bonne gestion à recevoir de sa part.

Fort heureusement, le contexte a changé : François Hollande a su nouer un nouveau contrat de confiance avec les départements et une loi se profile. Mais je le dis aussi : nous n’avons pas vocation, en tant que Conseil général, à nous laisser enfermer dans un rôle d’assistante sociale de la décentralisation. Les politiques sociales, nous les assumons : 200 millions d’euros par an dans l’Ain. Mais qui veut aujourd’hui moins de logement ? Moins de culture ? Moins de transports collectifs ? Personne ! Nous ne demandons pas à être exonérés de l’effort de redressement national mais c’est en redonnant une autonomie financière aux collectivités qu’elles pourront y participer.

Nous voilà prévenus : la voie du changement va devoir affronter des vents violents. C’est même une sorte de Vendée Globe au long cours qui se profile. La droite sera au rendez-vous de l’opposition, avec son absence totale d’autocritique. Mais peut être aussi verrons nous des conservatismes se dresser là où on ne les attendait pas.

Pour réussir, François Hollande devra faire preuve d’une grande détermination. « L’action politique, disait François Mitterrand, à certaines heures, ne laisse pas de place à l’incertitude ». Mais il lui faudra aussi un parti fort à ses côtés. C’est le rôle qui est le tien cher Harlem. Je veux te dire ce soir que nous sommes plus que jamais et de tout cœur avec toi.