Lorsque les communicants du Conseil général m’ont proposé d’intégrer l’équipe départementale devant disputer le Tour de l’Ain cycliste, je ne leur ai pas dissimulé mon étonnement. Le défi ? Effectuer une ou plusieurs des cinq étapes longues de 80 à 150 km dessinées entre plaine du Val de Saône et montagne jurassienne. Un pari plus qu’un défi du reste. Ceux qui me sollicitaient connaissaient mon goût pour la petite reine mais voilà vingt-cinq ans que j’avais cessé la compétition. A quelques rares exceptions près, le temps d’une « balade électorale » en particulier qui m’avait vu parcourir la 4ème circonscription législative de l’Ain en trois jours en 2007, mon vélo était resté inanimé, relégué au rang des objets oubliés.

Nous étions au début du printemps 2012 et d’ici au 7 août, date du départ de la compétition, ma préparation risquait d’être bien courte. La proposition était pourtant alléchante. Même s’il ne s’agissait pas de se mêler au peloton des professionnels dont certains à coup sûr viendraient égrener la gloire acquise quelques semaines plus tôt sur les routes du Tour de France, la perspective de le précéder ou de le suivre sur un même parcours ouvert aux cyclotouristes ne pouvait que susciter mon intérêt. L’été précédent, sur les plages de Corse, j’avais lu la belle aventure d’Eric Fotorrino, Je pars demain, qui l’avait vu à quarante ans passés se confronter aux professionnels, en participant au Midi Libre. Six jours durant, le journaliste et futur directeur du Monde avait pu côtoyer à la force du mollet les grands du peloton et réaliser son rêve, lui qui n’avait été qu’un honnête coureur régional.



Peut-être était-ce cela aussi qui provoquait en moi une certaine motivation. L’envie de solder une dette à l’égard d’un sport auquel je n’avais sans doute pas suffisamment donné durant mes jeunes années. Une affaire de fidélité aussi vis-à-vis de tous ceux qui avaient pédalé avec moi et prodigué maints conseils. A commencer par celui qui, dans les années 80, avait conçu mon premier vélo sur mesures et apposé son nom sur le cadre couleur rose, Bernard Croyet. Tous les passionnés de vélo de la place de Bourg-en-Bresse se retrouvaient dans sa modeste boutique de la rue Charles Robin. Un tempérament et un cœur tendre Bernard. Sept années chez les pros et deux Tours de France au compteur sous les couleurs orange de la célèbre équipe Bic.

Le peloton, toujours friand d’anecdotes, aimait à raconter sa victoire dans une étape du Dauphiné Libéré après une échappée au long cours. Endossant par la même occasion le maillot jaune de l’épreuve, il avait commis des déclarations fracassantes dans la presse, se proclamant leader de son équipe en lieu et place d’un certain Luis Ocana ! Dès le lendemain, à la faveur d’un parcours accidenté que Bernard n’appréciait guère en parfait rouleur qu’il était, le champion espagnol s’était chargé de lui rappeler qu’il y avait plus d’une roue du rêve à la réalité. Je me souviens encore de ces séances d’entrainement en forêt de Seillon dans la roue de cette forte tête qui un jour a choisi de tout quitter pour se fixer aux Etats-Unis. C’est là-bas, du côté de San Diego, que je l’avais retrouvé et salué quelques années plus tard, alors qu’il entrainait une équipe féminine.

Mes compagnons de virée, je ne les connaissais pas encore en ce printemps 2012. Agents ou prestataires du Conseil général, ils s’appelaient Ludovic, Emilian, Alexandre, Cyrille, Claude et Romain. Ils s’étaient sans doute depuis longtemps soumis à une préparation efficace. N’allaient-ils pas me regarder en maillon faible d’un groupe par ailleurs homogène ? Pire, l’image du « politique » que j’étais n’allait-elle pas pâtir d’une possible défaillance ? Malgré tous ces arguments contraires, j’acceptais la proposition à une condition : que ma participation ne fut rendue publique qu’à la fin du mois de juillet, moment où j’aurais pu juger de manière définitive de ma forme physique.

Durant ces semaines qui me séparaient du départ, il me fallait réapprendre les gestes du parfait coureur : se placer dans les roues pour s’abriter au maximum, s’alimenter et boire tout en gardant sa trajectoire, remettre la chaîne en place par le seul jeu du dérailleur lorsqu’elle a sauté. Et avant tout retrouver la condition. Non pas que ma pratique sportive s’était arrêtée il y a des années, mais en dépit d’une séance coachée par semaine –minimum nécessaire pour tenir le rythme effréné de la vie politique- j’étais loin d’avoir la force musculaire suffisante pour me hisser en haut des cols.

Mon plan de bataille comprenait deux périodes : la première passée à de longues séances de home trainer afin de m’habituer à nouveau à la selle et retrouver l’endurance ; la seconde, une fois mieux armé physiquement, dédiée aux sorties sur route en augmentant les distances au fil des semaines.

S’il est difficile de se motiver seul dans l’effort, il l’est encore plus juché sur un vélo sans voir le paysage défiler. Dizaine de minutes après dizaines de minutes, ces séances sur rouleau m’ont toutefois permis de trouver la position idéale sur la machine et de réapprendre à me faire mal. Car la souffrance fait partie intégrante du sport et du cyclisme en particulier. C’est à force de la subir que le corps l’accepte.

Mes premières sorties consistèrent à accomplir des boucles de 50 à 70 km en plaine, bosses et faux plats bressans faisant office de premières difficultés. Mon cousin Franck fut un partenaire d’entrainement précieux pour impulser le rythme. Nous avions couru sous les mêmes couleurs du Vélo club bressan mais contrairement à moi, il n’avait jamais cessé de rouler après l’arrêt de la compétition. Son compteur affichait plusieurs milliers de kilomètres en 2012 et c’est dans sa roue que j’allais pouvoir progresser. A la mi-juillet, à l’occasion d’une longue séance, alors que j’avais pris ma part des relais et mis un point d’honneur à maintenir la moyenne horaire à près de 30 km/heure, il m’avoua avoir souffert et même eu peine à suivre. Je me disais que j’étais sur la bonne voie.

Le service de la communication avait pris soin de réunir dans ses locaux les membres de l’équipe. Je fis connaissance avec mes compagnons dont je perçus d’emblée la motivation. L’un avait perdu plus de 40kg en quelques mois, un autre une vingtaine à force d’entrainement depuis une année. Lorsque j’appris de l’organisateur que les étapes donnaient lieu à un classement et à la remise de maillots distinctifs, ma surprise fut perceptible, tant je savais combien le chronomètre déchainait les ardeurs. Rendez-vous fut pris pour deux séances d’entrainement au cours des deux semaines qui précédaient l’épreuve.

Quelques jours plus tard, une conférence de presse réunissait organisateurs et partenaires du Tour de l’Ain dans le parc de la préfecture. Il fut question du plateau particulièrement relevé de la course professionnelle, avec la participation des quatre premiers coureurs français et de trois vainqueurs d’étapes du Tour de France qui venait de s’achever.

Mon collègue Vice-président du Conseil général en charge des sports, Jean-Paul Rodet, ne manqua pas dans son propos de souligner mon « éminente » présence au sein de l’épreuve cyclo, ce qui constituait à la fois un bel encouragement et une amicale pression me concernant. Chacun des membres de notre équipe se vit remettre un double jeu de maillot et de cuissard aux couleurs blanche et violette du logo de la collectivité. Superbe tenue qui me projetait définitivement dans l’aventure.

Retour dans le peloton (Première étape : Montmerle-sur-Saône – Trévoux, 122 km)

Mon harnachement n’a rien à envier au plus solide des compétiteurs : casque et lunettes de soleil me rendant totalement méconnaissable, socquettes, gants et chaussures Mavic (dont une partie de l’activité réside encore dans l’Ain). Première contrariété à une demi-heure du départ : le dossard m’est remis sans les indispensables épingles et bien sûr, je ne l’ai pas prévu ! Fort heureusement l’assistante com met rapidement fin à mon stress en se rendant dans un commerce local. A l’approche des 9h30, près de 300 concurrents s’alignent au départ. Je profite de ces instants de répit pour scruter les visages et constate combien la palette d’âges est variée, allant des traits juvéniles aux barbes grises. Autant d’indices qui me rassurent, considérant qu’à 45 ans, je pourrai suivre mes aînés ! Le peloton s’élance enfin sur des routes étroites et sinueuses qui font craindre la chute à tout moment. Après neuf kilomètres, le drapeau marquant le départ réel s’abaisse enfin. D’emblée, le rythme s’accélère. Mon compteur affiche plus de 40 km/heure, près de 50 même. Le grand plateau s’impose mais le souffle me manque. La masse des participants s’étire telle une chenille et se scinde rapidement en plusieurs groupes. Je m’imagine déjà largué, contraint de rouler seul plus de quatre heures. La seule façon d’éviter cette déroute, faute de pouvoir suivre les meilleurs, c’est de se laisser glisser et de former un groupe avec d’autres concurrents lâchés. Mais impossible de savoir combien sont dernière moi, tant le début de course a été échevelé. Petit à petit, le grupetto que j’espérais se forme. Le rythme est soutenu et il n’est pas dit que je tienne longtemps.

Mais c’est là ma seule chance de terminer classé car le règlement est clair : si le peloton professionnel –parti après nous- s’approche par trop des derniers concurrents de l’épreuve cyclosportive, ceux-ci seront contraints de mettre pied à terre et pire, d’enlever leur dossard. Avec l’ultime vexation de devoir rejoindre la voiture balai.

Aussi je décide de m’accrocher en veillant à boire régulièrement et à absorber les sucres nécessaires. Atteignant Cruzilles-les-Mépillat, seul village de mon canton réellement traversé, des dizaines d’habitants –maire en tête- se mettent à nous encourager bruyamment, preuve de leur intérêt pour mon entreprise.

A quelques kilomètres d’intervalle, j’aperçois deux de mes coéquipiers, Alexandre et Claude, arrêtés sur le bord de la route, scrutant leur roue. J’apprendrai à l’arrivée que des crétins ont jeté des clous sur la chaussée, provoquant de nombreuses crevaisons.

Lorsqu’à Trévoux, je passe sous la banderole au terme des 122 km, je m’avoue satisfait d’avoir pu boucler cette première étape à l’allure correcte de 34 km/heure. Jouant de ma double casquette, d’élu cette fois-ci, le protocole me permet de récompenser la première femme du classement ; une parisienne que je félicite chaleureusement, mesurant parfaitement les efforts accomplis.


« Vous êtes Christophe Greffet ? » (Deuxième étape : Lagnieu – Ambérieu-en-Bugey, 83 km)

Afin de récupérer au mieux, j’ai pris soin de m’allonger une bonne heure à l’issue de la première étape. Sage précaution pour cette seconde journée. La distance est courte mais la course promet d’être nerveuse et rapide. Respectant les recommandations de mon ostéopathe, accompagnateur des fondeurs de l’équipe de France, j’ai mangé au levé un plat de pâtes arrosées d’un filet d’huile d’olive. Ce repas inhabituel devait m’apporter les sucres lents nécessaires, j’allais pouvoir le mesurer.

L’organisation du jour prévoit notre départ trois quarts d’heure après les pros, ce qui nous permet d’approcher le vaste barnum mêlant matériels de dernière génération, voitures suiveuses, motos ouvreuses et bus customisés des équipes. Nous les dilettantes, nous avons pour une fois le sentiment « d’en être », le rêve de tout amateur étant un jour d’intégrer l’élite.

Un camarade que j’avais informé de mon aventure est venu me saluer en toute sympathie sur la ligne de départ. A peine avons-nous quitté l’artère principale de la ville que les premières attaquent fusent. Le scénario de la veille se répète, provoquant chez moi le même sentiment d’asphyxie. J’essaie tant bien que mal de suivre cette cadence infernale lorsque de l’arrière des individualités me rejoignent. Je décide que ce groupe sera le mien pour rallier l’arrivée.

Venant à ma hauteur, un coureur me demande : « Vous ne seriez pas Christophe Greffet ? ». Tout en acquiesçant, je m’interroge sur son identité, son maillot d’un club de la région parisienne ne me fournissant aucun indice. Sans doute a-t-il parcouru la liste des inscrits et m’a identifié aux couleurs du Conseil général. «J’ai passé mon enfance tout près de là où vous habitiez. » Après m’avoir donné son nom, le souvenir me revient de ses parents tenant le café et la pompe à essence des Pigots sur la nationale 79. C’était avant que l’A 40 ne capte le trafic et ne condamne le commerce installé sur l’axe Bourg-Mâcon, délaissé par les automobilistes. Bref, un autre siècle ! Ses deux fils participent aussi à l’épreuve ; une famille de cyclistes en somme.

A l’arrivée, j’apprends que mon équipe a connu de sérieux déboires. Alors qu’il pouvait disputer la victoire, Romain a vu un concurrent le percuter par l’arrière. Résultat : le hauban de son vélo carbone brisé net et l’impossibilité de repartir le lendemain. Quant à Ludovic, un plateau surélevé –véritable plaie pour les coureurs tant ils sont nombreux- l’a fait chuter après une véritable cabriole au dire des témoins. Son corps est couvert d’hématomes et de contusions. J’ai pour ma part le sentiment d’avoir eu de la chance au cours de ces deux journées.

« Vous avez dit un col ? Non, un mur ! » (Troisième étape : Belley – Montréal la Cluse : 149 km)

Ce parcours entre la ville de Brillat-Savarin et l’ancienne capitale des Thoire-et-Villars promet d’être particulièrement éprouvant. Près de 150 km au relief accidenté, noyé sous le soleil pour un troisième jour d’efforts. Comme l’auteur de La physiologie du goût, j’apporte une attention particulière à mon alimentation. Pour une distance aussi longue, j’ai rempli mes poches de gels sucrés à absorber toutes les 45 mn. De la poudre contenant des maltodextrines ajoutée à de l’eau doit assurer mon hydratation plus de cinq heures durant.

Peu avant le départ, je tente de joindre par téléphone mon collègue maire pour le saluer. En vain. Son répondeur m’indique qu’il est en vacances jusqu’au 17 août. Peut-être aurais-je du l’imiter ? Est-il raisonnable de se lancer à l’assaut de tant de difficultés alors que je peux prétendre moi aussi à un repos mérité après une année chargée ? Le matin même, attablé à manger mes pâtes à 7 heures, je m’étais interrogé un nouvelle fois. Mais les encouragements de mes coéquipiers maintes fois répétés la veille m’empêchaient de reculer.

Cinquante kilomètres après la première côte d’Andert-et-Condon, qui déjà m’avait fait mal aux jambes, je me présente au pied du col de la Lèbe, accompagné d’un grupetto d’une vingtaine de coureurs. Une borne géante indique le sommet à 12 km. Je grimpe à mon rythme, laissant les concurrents plus à l’aise prendre les devants et à l’arrière ceux qui souffrent plus que moi. Lors d’une sortie avec mes coéquipiers, j’avais reconnu l’ascension depuis Cormarache-en-Bugey et pour moitié le versant à gravir lors de la course. Mon regard cherche les repères des six derniers kilomètres mémorisés la semaine précédente. A quelques centaines de mètres devant moi, je crois enfin distinguer la stèle célébrant les résistants de la seconde guerre mondiale. Je comprends vite qu’il s’agit en réalité du monument aux morts de la commune de Belmont. Quelle déception ! Je ne suis pas encore à mi-pente et la douleur m’envahit au point de vouloir mettre pied à terre, suffoquant dans la chaleur. Je mesure à cet instant toute la pertinence du propos de René Fallet : « Ceux qui font du vélo savent que dans la vie, rien n’est jamais plat. » Le conseil d’un coureur à l’accent chti m’offre un peu d’oxygène : en me doublant, il me fait remarquer qu’il reste encore une dent à mon pignon arrière. Par manque de lucidité, ce détail ô combien important m’a échappé et me fait entrainer un braquet trop important. Ma pédalée devient moins heurtée et finit par me porter jusqu’au sommet. Une courte pause en compagnie de mes amis naufragés me permet de boire à souhait avant une descente rapide à près de 60 km/h.

Ce qui m’inquiète plus encore, c’est la difficulté suivante : le Vieux Cerdon. Peu avant le départ, un bénévole de l’organisation à qui je confiais mes craintes concernant le col de la Lèbe, me répondit qu’il y aurait pire. Gravir le « mur » du Vieux Cerdon, long de 4 km ! Du reste à l’arrivée, Roger Pingeon, le vainqueur du Tour de France 1967, année de ma naissance, me confira qu’il ne l’a monté qu’une seule fois à l’entrainement sans jamais y revenir compte tenu de sa difficulté.

Un mur. C’est bien l’image qui m’apparaît en sortant du village connu pour son vin pétillant à consommer frais. Frais, je ne l’étais plus vraiment après 115 km de course. Une concurrente me lance gentiment : «à tout à l’heure », une façon de souhaiter bonne chance pour une ascension qui allait prendre l’allure d’un chemin de croix. Debout sur les pédales, je tente de hisser mon vélo mètre après mètre sur cette pente qui dépasse par endroits les 15%. Le public posté sur les bas-côtés, dans l’attente des coureurs pros, m’encourage et lutte avec moi. On m’indique que le plus facile est à venir. Mais pour l’heure je souffre, comme scotché au bitume fondant. Je vais chercher un peu d’ombre et de fraîcheur de l’autre côté de la route. Mon visage affiche à coup sûr ma détresse aux yeux de tous. Un panneau indique les 500 derniers mètres. Enfin me dis-je, en espérant que la distance affichée corresponde à la réalité. Je dois rapidement déchanter : mon compteur me donne plus d’un demi-kilomètre parcouru et toujours pas de sommet en vue ! Et puis la délivrance… ou presque. Une nouvelle côte doit me permettre d’atteindre Ceignes. Mais l’essentiel est fait et je décide de terminer l’étape sans me soucier du chrono. Au point où je suis rattrapé par la patrouille, celle escortant la caravane de la course pro, à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. La satisfaction d’avoir bouclé mon Tour n’est en rien affectée. D’autant que j’aurai le plaisir de grimper sur le podium à l’arrivée et de remettre le maillot jaune au vainqueur de l’étape pro, l’Espagnol Daniel Navarro. L’occasion aussi d’être salué par le speaker Daniel Mangeas, voix irremplaçable du Tour de France depuis des décennies.

Dans la voiture du BAC (Bourg Ain Cyclisme) qui me raccompagne à l’issue de cette ultime étape, la conversation se noue avec Vital et Roland, exemples mêmes du dévouement sans lequel le sport cycliste ne serait pas. Je découvre le premier alors que le second m’est familier depuis mes débuts dans la compétition ; une voix bien connue de tous ceux qui fréquentent les courses. Roland est depuis près d’un demi-siècle au service du vélo ! La discussion s’engage sur l’évolution de ce sport que nous affectionnons tant, le budget en constante augmentation des équipes amateurs et pros, la nécessaire et difficile recherche des financements, l’âge d’or où la majeure partie des villages organisaient leur compétition il y a vingt ans encore. Je mesure combien ces deux passionnés sont les chevilles ouvrières des rendez-vous cyclistes et tout coureur se doit de les respecter. Mes efforts ont aussi été l’occasion de les saluer, et au travers d’eux, tous ceux qui appartiennent à la grande famille du vélo. Chapeau à vous Vital et Roland !

En participant à cette épreuve, j’ai remonté le temps l’espace d’un printemps et d’un été ; retrouvé le goût de l’effort physique, renoué avec mes jeunes années où le cyclisme, sport exigeant, avait occupé une place importante. Ce pari m’a permis aussi, inconsciemment, de remettre les pendules à l’heure vis-à-vis de ceux qui, voyant avant tout les politiques comme des stratèges, constamment affairés à leurs calculs et intérêts personnels, oublient qu’ils vivent aussi de passions et peuvent relever des défis sans recherche d’aucune contre partie. Je ne sais pas si cette expérience sportive sera suivie d’autres tout aussi enrichissantes, mais au terme de ce parcours, il m’appartient de remercier tous ceux qui m’ont permis de l’accomplir.