Raymond Aubrac, décédé le 10 avril, avait reçu les honneurs de la Nation le mois dernier à Paris. Un hommage lui a été rendu ce samedi 12 mai, à l’occasion de l’inhumation de ses cendres, dans le petit cimetière de Salornay-sur-Guye (71), au cœur du Clunysois bocager. C’est au côté de son épouse Lucie, disparue en 2007, qu’il repose désormais.

Comme de très nombreuses personnes venues témoigner leur attachement à cet homme et aux valeurs qu’il incarnait, j’ai tenu à être présent à cette cérémonie associant la famille, le monde combattant, le président du Conseil général Arnaud Montebourg et son vice-président Pierre Martinerie.

Raymond Aubrac n’avait pas fait mystère de sa sympathie pour François Hollande dans la dernière campagne présidentielle, même s’il se voulait discret. Le président socialiste élu a toujours affiché son ambition pour les plus jeunes en dépit d’un avenir incertain. De la même manière, lors de sa venue dans l’Ain en septembre 2010, Raymond Aubrac m’avait confié son inquiétude face à l’absence de perspective pour la jeune génération. Et la nécessité pour elle de défendre un nouvel idéal, à l’image de celui porté par les Résistants d’hier.

Ce message, Raymond Aubrac s’est plu durant des décennies à le relayer partout où il était appelé ; il doit nécessairement nous interpeler dans une période où le repli conduit trop souvent la société à préserver les rentes de situation au détriment des jeunes.

Raymond Aubrac a été de ceux qui ont risqué jusqu’à leur vie pour écrire un monde nouveau au service d’un idéal. Nous devons à tout jamais lui être reconnaissants et nous inspirer de son éternel optimisme.