Christophe Greffet

Christophe Greffet

La fin d'une triste semaine

«Que nous arrive t-il ? », s’interrogeait François Mitterrand aux côtés de son épouse, à l’hôtel du Vieux Morvan au soir du 10 mai 1981. Ces propos, le secrétaire général de la fondation France Libertés les a rappelés lors des obsèques de la présidente Danielle Mitterrand, ce samedi à Cluny, où j’étais parmi une foule immense.

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Alors que les fastes du pouvoir s’offraient à elle en ce printemps de victoire, la nouvelle Première Dame de France savait dès ce moment-là qu’elle se serait pas « la dame patronnesse de la charité élyséenne. »
Depuis quarante ans déjà, elle assumait son rôle de résistante, de femme engagée et de militante socialiste exigeante. Trente années encore, elle allait poursuivre son combat contre l’injustice, soutenir les peuples opprimés, lutter aussi contre la marchandisation de la société et du vivant. La question de l’eau, qu’elle voulait voir reconnue comme bien social et non comme marchandise, a été la grande cause des dernières années de sa vie.
« Maman ne meurt pas » a rappelé son fils Gilbert ; pas plus que les valeurs et l’indignation qui l’ont animée toute sa vie et que nous devons porter encore.
Trois jours plus tôt, sous les lambris dorés du palais de l’Elysée, où j’étais invité, le Président de la République a cru bon dénoncer ceux qui portaient selon lui la responsabilité des déséquilibres d’aujourd’hui. A commencer par François Mitterrand, « coupable » à ses yeux d’avoir fait adopter la retraite à 60 ans.
« Comment mieux s’affranchir de ses propres responsabilités ! » me confiait Paul Quilès, ancien ministre habitué des lieux durant deux septennats. Quel contraste aussi avec Jacques Chirac, qui avait rendu un hommage solennel et respectueux à son prédécesseur François Mitterrand, lors de sa disparition.
Le ciel est bas et sombre sur Cluny ce samedi. L’émotion et les larmes gagnent beaucoup d’entre nous venus saluer une dernière fois le courage et la révolte de celle qui nous a quittés. Triste semaine assurément.


Le discours de Sarkozy aux maires de France, que d'omissions

Dans l'intervention qu'il a prononcé ce soir à l'Elysée, où j'étais invité, Nicolas Sarkozy a dévoilé une partie de ses arguments de campagne devant les ministres et maires présents.

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Revenant sur le contexte international, il a justifié par la crise les mesures prises à l'encontre des collectivités locales et notamment le gel de leurs dotations, oubliant qu'il a contribué à accroître de 500 milliards en cinq ans la dette publique. Les mêmes arguments lui ont permis de défendre sa réforme territoriale et la suppression de 20% du nombre d'élus, prétextant avoir ainsi sauvé le canton, territoire particulièrement important "en milieur rural".

Il a également manifesté son opposition au vote des étrangers non européens, considérant comme "hasardeuse" l'initiative prise par le Sénat sur le sujet. Le président a par-là même oublié qu'il avait affirmé l'exact contraire en 2005 en estimant que ceux "qui paient leurs impôts et travaillent en France devaient pouvoir voter".