Christophe Greffet

Christophe Greffet

Conférence-débat avec Raymond Aubrac, la vidéo


"Résistances d'hier et d'aujourd'hui" avec Raymond Aubrac
envoyé par ChristopheGreffet


Vous pouvez aussi retrouver l'intégralité de cette conférence sur ce podcast de Tropiques FM.

Le magazine de Tropiques FM

J'ai été l'invité, cette semaine, du magazine de Topiques FM diffusé ce vendredi et ce samedi à 18h10 ainsi que lundi matin à 11h10. Vous pouvez aussi le découvrir en cliquant ici. Lors de cet entretien, nous sommes revenus sur le message d'optimisme de Raymond Aubrac, sur le projet de parc naturel régional dombiste mais aussi sur les investissements de la région Rhône-Alpes et ses projets.


Finances publiques, dette, dépenses d’avenir

Mercredi passé, j'ai représenté la région Rhône-Alpes lors des consultations sur le thème "finances publiques, dette, dépenses d'avenir" organisées par la Commission pour la libération de la croissance française et son président Jacques Attali. L'occasion de rappeler que la réduction de la dette ne doit pas passer par une réduction des budgets régionaux, moteurs de la croissance économique.

La précédente commission présidée par Jacques Attali - pour la libération de la croissance française - avait proposé, en janvier 2008, quelques trois cents mesures censées dynamiser la création de richesses de notre pays. En pleine crise économique mondiale, ce rapport a pâti d'un contexte difficile et seul un tiers des mesures proposées a été mis en place à ce jour. La croissance économique n'ayant pas été au rendez-vous, de nouvelles problématiques se sont présentées. Depuis, l'urgence de concilier relance et réduction de la dette a amené Jacques Attali à proposer de nouvelles consultations sur les nécessaires dépenses et économies d'avenir.

Dans ce cadre, la commission était à Lyon, mercredi passé, pour trois tables rondes réunissant des élus, des chefs d'entreprises et des acteurs de l'éducation. Identifiant deux urgences - le désendettement et l'emploi - et deux priorités à long terme - environnement et éducation - l'auteur de tous ruinés dans dix ans a affirmé qu'on ne peut pas compter sur le retour de la croissance pour rétablir nos finances publiques. Le retour aux critères de Maastricht avant la fin 2012 nécessitant 25 milliards d'économies annuelles, Jacques Attali a évoqué des possibilités d'économies et notamment la possibilité d'amputer les budgets locaux de plus de deux milliards d'euros.

Soucieuse d'alléger les taxations des entreprises, la commission Attali risque de mettre à mal le processus de décentralisation mis en place depuis vingt-cinq ans. En effet, les entreprises ne s'implantent pas sur un territoire par la simple volonté d'optimisation fiscale, elles recherchent des infrastructures adaptées, une main d'œuvre qualifiée et un tissu économique adapté. Par son schéma de développement économique, ses actions en matière de formation et d'aménagement du territoire, la région Rhône-Alpes cherche à créer cet environnement adapté à l'accueil des investisseurs. En réduisant son budget et, dès lors, ses marges d'intervention, les propositions de cette commission risquent de pénaliser la vitalité de notre territoire puisque comme le montre l'assemblée des régions d'Europe : la richesse d'un pays augmente avec son degré de décentralisation.

C'est pourquoi, lors de mon intervention, j'ai formulé les trois propositions suivantes alliant réforme fiscale et efficacité économique :

- une refonte de système fiscal local, ainsi que celui des dotations à bout de souffle pour remplacer le garrot financier mis en place ces dernières années par un système plus juste et qui respecte le principe de libre administration des collectivités locales puissant levier pour relancer l'activité économique et répondre aux attentes des citoyens.

-une réforme alternative des collectivités locales pour repenser leurs relations avec l’Etat, pour que les responsables politiques, nationaux ou locaux, travaillent ensemble avec pour seul souci l’intérêt général.

- une nouvelle étape de la décentralisation, en donnant aux Régions, à l’image des autres pays en Europe, les moyens institutionnels et financiers de leur développement, gage de politiques publiques plus réactives et plus proches des besoins des Français.


Une belle leçon d'optimisme

Dans le cadre de l'association d'une rive à l'autre, que je co-anime avec Pierre Martinerie, nous recevions, mardi soir, Raymond Aubrac pour évoquer ses résistances d'hier et d'aujourd'hui, l'occasion d'entendre une belle leçon d'optimisme servie par un homme d'exception.

C'est un témoin avec "deux oreilles de quatre-vingt-seize ans" et un humour sans faille que les quelques 150 riverains de la Saône ont pu rencontrer le temps d'une conférence-débat très animée. Après un propos liminaire nous rappelant qu'à notre époque "nous avons besoin d'espoir et d'optimisme" - les deux moteurs de la Résistance - les citoyens ont pu interpeler Raymond Aubrac.

Interrogé sur son entrée en Résistance et sur ce qui lui a donné le courage de rester malgré ses différentes interpellations, Raymond Aubrac a rappelé combien ses premiers actes de résistants avaient été informels. A l'époque, la jeunesse politisée était choquée par les premières mesures du Maréchal Pétain, et, pris d'une volonté de réagir, commençait à transmettre un message par quelques graffitis puis par des tracts... Le début de la Résistance est alors marqué par la parution de nombreux journaux ; on a, à l'heure actuelle, retrouvé 1200 titres différents qui représentaient chacun un mouvement de résistance souvent éponyme. Pour Raymond Aubrac, ce qui lui a donné la force de rester c'était "la solidarité et l'optimisme", force nécessaire pour résister au durcissement de la répression après 1942.

Ce témoin nous rappelle que si l'identité française est marquée par la Révolution de 1789, nous avons tous été formé par l'histoire de la Résistance. Regrettant que le programme du Conseil National de la Résistance n'ait pas évoqué la décolonisation, il rappelle à quel point il est vain d'essayer d'en détricoter les acquis tant ils sont, pour chaque citoyen, devenus des droits inaliénables.

Provocant l'hilarité, lorsqu'à la question d'un collégien sur les conditions carcérales, il a répondu "pourquoi tu as des projets ?", Raymond Aubrac a captivé l'auditoire par son humour, sa répartie et l'émotion avec laquelle il parvient à transmettre cette histoire, son histoire.

Un compte-rendu plus complet de cette soirée sera prochainement proposé sur ce blog avec la vidéo de cette conférence débat..


Le Pont d'Arciat, histoire et modernité

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » écrivait le génie scientifique, Isaac Newton. En un an, le conseil général de l'Ain et de Saône-et-Loire ont révélé qu'ils avaient entendu la portée de ce message en inaugurant le pont François Mitterrand (septembre 2009) et en recréant le pont d'Arciat. La qualité des connexions entre les deux départements s'est, ainsi, considérablement améliorée.

Un an après l'inauguration du pont François Mitterrand, samedi, en compagnie de Rachel Mazuir et Arnaud Montebourg, j'ai assisté à l'inauguration du nouveau pont d'Arciat. L'ouvrage qui relie Cormoranche et Crêche-sur-Saône permet aux vélos et piétons de franchir la Saône en toute sécurité aux côtés des voitures qui, à présent, peuvent emprunter le pont sur deux voies.

Si le pont est ouvert à la circulation depuis octobre passé, il a été inauguré officiellement ce week-end après des travaux d'aménagement, l'occasion d'une joyeuse journée avec des courses d'objets flottants non identifiés, un vide-grenier, et même une démonstration de VTT par le champion de France de trial Thomas Persicot. Ce pont chargé d'histoire, puisqu'il a notamment permis à Lucie et Raymond Aubrac de fuir pendant la seconde guerre mondiale (voir article précédent) entre à présent dans une nouvelle ère. Grâce aux financements croisés des deux conseils généraux concernés, ce sont deux communes, deux départements et même deux régions qui se retrouvent aujourd'hui plus proches. Isaac Newton peut être rassuré, après des décennies de fermetures, les deux départements semblent plus que jamais décidé à se rapprocher, s'unir et coopérer.

Raymond Aubrac, dans l'Ain mardi soir

Mardi soir, l'association d'une rive à l'autre, que je co-anime avec Pierre Martinerie, reçoit Raymond Aubrac autour du thème : « Paroles de Résistance, d'hier et d'aujourd'hui ».

En présence de Paul Morin, président des déportés, internés et familles de l'Ain, ancien maire de Bourg-en-Bresse, et de Simone Mariotte, présidente de l'ANACRE 71 et ancienne maire d'Azé, nous avons le plaisir de vous convier à une rencontre-débat avec Raymond Aubrac.

Cette rencontre aura lieu ce mardi 14 septembre à 18h au restaurant le Pont Vert (Grièges, en face du pont François Mitterrand côté Ain). Entrée libre dans la limite des places disponibles.

En attendant cette rencontre, je vous invite à regarder cette vidéo de 2007 où Raymond Aubrac évoque la et ses résistances.


Raymond Aubrac : entretien
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L'ORC pour revitaliser les commerces de proximité

Comment renforcer les commerces de proximité ? Depuis l'ouverture du premier Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois, en 1963, nos habitudes de consommation se sont transformées : en 2008, 67% des dépenses alimentaires des Français ont été effectuées en supermarché ou hypermarché. Et les magasins de maxidiscompte représentent 14% des achats effectués en grande surface. Pourtant, les commerces de proximité sont des lieux essentiels à la vie quotidienne, en particulier en milieu rural, où ils permettent le renforcement d'un lien social bien souvent malmené par le changement des modes de vie, qui font trop souvent des villages des cités-dortoirs.

Notre rôle en tant qu'élus est de lutter contre cette désafilliation, en créant les conditions favorables au maintien ou à l'arrivée de ces commerces de proximité. C'est le choix que nous avons effectué en participant à une ORC (Opération Rurale Collective), conduite avec le Syndicat Mixte Bresse Révermont Val de Saone. Créés en 2003, ces dispositifs souhaitent favoriser la création, le maintien ou la modernisation des entreprises du commerce de l'artisanat et des services, et peuvent se traduire par des facilités de financement, des programmes d'assistance ou de formation.

Les communes du canton de Pont-de-Veyle sont en effet aujourd'hui considérées par l'INSEE comme péri-urbaines, sous l'influence de l'aire mâconnaise. Et cela se traduit dans les habitudes d'achat de chacun : plus de 70% des dépenses d'équipement de la personne et de la maison, plus de 60% des dépenses dans le domaine de la culture et des loisirs sont effectués dans le département voisin. Les 60 enseignes de notre canton sont majoritairement des très petites entreprises : 90% d'entre elles ont moins de 10 salariés. Le soutien à ces entreprises est donc essentiel, et l'Opération Rurale Collective permet de mobiliser l'ensemble des acteurs du territoire (Syndicat Mixte Bresse Révermont Val de Saone, Chambre de commerce, Chambre des métiers, Conseil Général...). En 2010, la boulangerie de Grièges a ainsi pu bénéficier de financements pour moderniser ses locaux, et peut maintenant accueillir les personnes à mobilité réduite. Au delà des sommes en jeu, souvent modestes, ces initiatives permettent de renforcer ensemble le dynamisme de notre territoire.

Pour plus de renseignements vous pouvez consulter le site de l'ORC Bresse-Revermont-Val de Saône ou prendre connaissance du discours que j'ai tenu sur ce sujet.