Christophe Greffet

Christophe Greffet

L'art et le patrimoine en miroir

Dans la Voix de l’Ain, cette semaine, j’évoque mon action en tant que président de l'association du Patrimoine des Pays de l'Ain pour la valorisation de nos richesses rurales. La mise en valeur de notre « petit » patrimoine passe, bien entendu, par des travaux de restauration comme la communauté de communes de Pont-de-Veyle peut en encourager sur le canton, mais aussi par l’animation de ces lieux chargés d’histoire. Alors que j’évoquais récemment, la valorisation des éléments patrimoniaux du département à travers les festivals estivaux, j’ai participé, ce vendredi, à une autre manifestation où l’art rencontre et magnifie le patrimoine : l’inauguration de l'exposition qui se tient actuellement à l’église de Saint-André-de-Bâgé.

Les cinq artistes exposés dans ce joyaux de l'art roman du début du XIIème siècle trouvent l'écrin idéal pour mettre en valeur leurs œuvres et, par effet de miroir, ils nous permettent de voir cette église sous un angle nouveau. Pour cette exposition, l'association des Amis du Site, Bâgé, Culture et Loisirs ont vu les choses en grand en accueillant une centaine d'oeuvres aux univers singuliers. Sous le splendide clocher hexagonal, trois peintres et deux sculpteurs se partagent, ainsi, ce musée temporaire. Christiane Bonicel, Maurice Helbert et Jean-Marie Ferrer, peintres complémentaires par leur utilisation de techniques diverses de l'aquarelle à l'huile, cotoient deux sculpteurs Michel Maréchal qui sculpte le métal et Gérald Svoboda, céramiste des Arts pontévallois.

Cette exposition en entrée libre tous les jours (10-12h/14h30-18h30) est ouverte jusqu'au 29 aôut. L'occasion de venir découvrir des artistes talentueux et redécouvrir l'une des plus belles églises d'art roman de la région. Une visite guidée des lieux est par ailleurs proposée tous les samedis à 17h.

L'été des festivals, une belle occasion de redécouvrir le patrimoine

On dénombre en France plus de cinq cents festivals estivaux. Dans l'Ain, ce n'est pas moins d'une vingtaine de rendez-vous qui ont lieu tous les ans, dont huit en été. Annoncé par les têtes d'affiche du Festivrac, le swing sous les étoiles de Miribel et les estivales de Brou, l'été dans l'Ain est marqué par le festival des Temps chauds, l'occasion de mêler musique du monde et patrimoine.

Après le succès de Salif Keita et des Mahotellas Queens au domaine des planons, l'édition 2010 de ce festival va se conclure sur le très attendu concert de Rokia Traoré. Avant de s'envoler pour Dublin puis Barcelone, la chanteuse malienne, qui a remporté l'an passé une victoire de la musique pour son album Tchamantché, fait une halte à Bourg-en-Bresse où elle partagera l'affiche avec Bethany & Rufus roots quartet. Un très beau concert en perspective pour clore la quatorzième édition de ce festival qui, du village de Montagnat au vieux château de Châtillon-sur-Chalaronne en passant par les écrins patrimoniaux burgiens, a apporté, par la musique venue de tous les continents, une nouvelle dimension aux plus beaux sites de l'Ain.

Mais si ce week-end marque la fin du festival des Temps chauds, il est aussi l'occasion de l'ouverture de Cuivres en Dombes (voir le programme). Le premier rendez-vous, ce vendredi, se fera au château de Versailleux avec le prestigieux ensemble de cuivres allemands : German Brass. Tout au long de la semaine le son des cuivres va contribuer à mettre en valeur les richesses de la Dombes. Tour à tour, les concerts prendront possession du château de l’Abergement Clémenciat, du château Joyeux ou des remparts du Vieux Château à Châtillon-sur-Chalaronne. Les églises de Villars-les-Dombes et de Pérouge accueilleront aussi des concerts événements.

Cette année encore, ces deux rendez-vous permettent de découvrir ou redécouvrir les plus beaux sites départementaux ainsi que des univers musicaux toujours plus variés, toujours plus plaisants. Cette découverte du patrimoine du département en musique est un des plaisirs estivaux dont il ne faut se priver. Il est toutefois important de rappeler que le financement de ces événements demeure précaire et qu'il est rendu possible, notamment dans le cas des Temps chauds, par un partenariat entre la Région Rhône-Alpes, le département de l'Ain, le ministère de la culture avec des acteurs privés et des communes.

La communauté de communes au service du patrimoine

Le patrimoine ne se résume pas seulement aux châteaux et monuments. La diversité de nos paysages, des espèces animales et végétales, les savoirs et savoir-faire d'antan en font aussi partie intégrante. Dès lors, lorsque le village de Cruzilles s'est mis en quête de partenaires pour rénover deux éléments de son histoire - l'empellement des Sires et le pont des Vignes - il m'est apparu important d'associer la communauté de communes et de voir dans ce projet l'opportunité de promouvoir un patrimoine agricole d'antan mais aussi la richesse environnementale qui lui est associée.
Pour rénover ces deux éléments qui appartiennent à l'histoire agricole de notre territoire, des travaux sont prévus pendant les trois premières semaines de juillet. Ils consisteront à remettre en place les pierres tombées du pont voûté et à rétablir son esthétique d’origine. Pour ce qui est de l’empellement, système d’écluse utilisé autrefois pour l’irrigation des champs, il faut à la fois reconstruire à l’identique la partie trop endommagée et redresser et consolider celle encore en place. Sur ce chantier règne une ambiance inhabituelle et pour cause : il a été confié à trente jeunes issus de l'association familiale rurale de l'Ain et de l'association Concordia. Cette dernière, créée à la sortie de la seconde guerre mondiale, a pour objectif de favoriser les rencontres culturelles entre jeunes de plus de soixante pays. Le principe est très simple : réunir le temps d’un chantier d’intérêt collectif des jeunes issus de différentes cultures. Cette ambiance ajoute au chantier une belle dimension de vivre ensemble entre des jeunes issus de divers horizons, mais aussi entre les générations, puisque tous les habitants sont conviés à se rendre sur ce chantier pour partager un moment avec les ouvriers d'un été.

Au delà de cet élément, le 24 juin dernier, nous évoquions lors d'une réunion publique sur le sujet les multiples intérêts de tels travaux. Si la communauté de communes, mais aussi le conseil général et le syndicat des territoires de la Chalaronne se sont associés à la municipalités de Cruzilles pour ce projet, c'est parce qu'il est intéressant à plus d'un titre. Bien qu'il fasse parti d'un patrimoine "modeste", avant l’avènement des techniques modernes d’irrigation, cet empellement inondait les terrains voisins pour les fertiliser. Inusité depuis plusieurs générations, il est aujourd'hui menacé de disparition alors qu'il doit être préservé comme un témoin de la société rurale passée. En outre, au delà de la sauvegarde de ce patrimoine agricole, les travaux, engagés depuis le 9 juillet, vont permettre de revaloriser ce site et son patrimoine naturel. Grâce à la création d’un sentier pédestre d’Illiat à la vallée de l’Avanon, le cadre bocager sera à son tour mis en valeur et protégé. La communauté de communes encouragera, dès lors, la replantation d’essences locales dans cet espace.


La réussite de la France en Coupe Davis : la preuve qu'il faut soutenir le sport local !

Je l'évoquais dans un précédent billet : il est aujourd'hui capital d'installer à proximité des citoyens des équipements sportifs nombreux et diversifiés. La victoire ce week-end en Coupe Davis d'une incroyable équipe de France de tennis nous rappelle à quel point ces installations sont primordiales.

C'est, en effet, une jeune équipe de France de tennis qui a sèchement battu l'Espagne d'Albert Costa par 5 à 0. Sur ces cinq points, deux reviennent en partie à un enfant de la région : l'impressionnant Julien Benneteau. Le burgien âgé de 28 ans a qualifié la France grâce à sa victoire en double avec Mickaël Llodra, il est aussi l'auteur du dernier point de cette rencontre en battant Feliciano Lopez (7/6-6/4). Il est récemment revenu lors d'un entretien avec le site football01.fr sur ses premiers pas au football mais aussi au tennis club de Bourg.

Interrogé sur les relations qu'il avait pu garder dans la région, le jeune burgien rappelle qu'à chaque fois qu'il se rend dans l'Ain, il ne manque pas de saluer son tout premier entraîneur : Fred Larcher. Une manière de souligner que les grands champions n'existent que grâce à leurs premiers pas. D'ailleurs, la biographie officielle établie par l'association du tennis professionnel(ATP) des quatre joueurs français victorieux insiste sur le fait qu'ils ont tous débuté le tennis très jeune - à quatre ans pour Julien Benneteau. Sans installations à proximité ni initiations ni pratiques sportives ne sont possibles.

Si aujourd'hui, la France peut compter de grands champions sportifs, c'est notamment grâce à la quantité et à la qualité de ses équipements partout sur le territoire. C'est pourquoi dès la rentrée prochaine, j'aurai le plaisir d'inaugurer deux nouveaux équipements sportifs - un terrain de football et de rugby - sur la communauté de communes de Pont-de-Veyle.

Etudiants de l'Ain : le choix entre la mobilité ou la réussite ?

Une enquête menée par l'Université Lumière Lyon 2 a montré que sur la période 1992-2008 seulement un étudiant sur trois provenait de la région lyonnaise, les autres se répartissant sur le reste de la France avec - bien sûr - une forte représentation de lycéens de l'Ain et des autres départements rhônalpins. Alors que François Baroin dessine les contours du budget 2011, une coupe budgétaire inquiète les parents des enfants de la région : il ne sera plus possible à la rentrée suivante de cumuler l'aide personnalisée au logement (APL) avec l'avantage de la demi-part fiscale attribuée pour un enfant à charge.

Si depuis plusieurs années, la ville de Bourg-en-Bresse a particulièrement développé les possibilités de poursuivre des études supérieures dans notre département - notamment en proposant des licences de droit, AES, Histoire ou LEA - un lycéen sur dix part étudier à Lyon une fois son baccalauréat obtenu. Malgré le développement des transports régionaux entre notre territoire et la capitale de région, la mobilité des étudiants implique généralement la recherche d'un logement lyonnais.

L'APL est une aide appréciée par les parents et les étudiants. Elle aide les familles les plus modestes à pouvoir financer un logement étudiant. Selon la situation de l'étudiant, le prix, la superficie et l'emplacement de son logement, cette aide pouvait atteindre plusieurs centaines d'euros par mois. Un sérieux coup de pouce pour pouvoir poursuivre ses études loin du domicile familial. La réforme annoncée pour la rentrée 2011 ne supprime pas cette aide mais la met en concurrence avec un autre dispositif : la demi-part fiscale attribuée pour un enfant à charge. Cette suppression n'est pas tolérable car elle consiste à supposer que parce que l'enfant vit loin du domicile parental, il serait autonome financièrement. Cette idée est fausse. Les enfants qui étudient vivent pour la plupart grâce au soutien financier de leurs parents, soutien indispensable car il permet aux étudiants de pouvoir se concentrer sur leurs études sans avoir à cumuler un emploi d'appoint. Une récente étude de l'Insee montre que les étudiants qui travaillent pendant leurs études échouent plus fréquemment aux examens et sont plus enclins à arrêter leur parcours universitaire sans être diplômés.

A nouveau le gouvernement décide de faire peser sur les ménages les plus modestes et les classes moyennes le nécessaire besoin d'économies budgétaires. Ce projet doit être décrié et condamné avant qu'il n'entre en application puisqu'il aurait une conséquence grave et irréversible sur la possibilité d'un grand nombre d'étudiants de poursuivre leurs études.


4000 personnes : quelle fête !

Comme je l’annonçais samedi passé, nous avons ce week-end célébré les dix ans du jumelage du canton de Pont-de-Veyle avec la ville allemande de Straubenhardt. L’occasion d’une très belle fête qui a rassemblé un tiers des habitants du canton, une belle réussite !
Après l’accueil des familles vendredi, devant le château de Pont-de-Veyle, l’anniversaire s’est prolongé sur la base de loisirs de Cormoranche-sur-Saône dès le samedi après-midi. Au programme, un défilé de chars flottants pour le moins originaux ainsi que des représentations de danse, fanfare ou théâtre organisées par les nombreuses associations du canton.
Le clou de la soirée, sous les acclamations des quatre mille personnes présentes, aura été l’incroyable show aquatique : « les eaux magiques ». La qualité de cette animation en six dimensions est aujourd’hui saluée par la presse (voir notamment l’article en ligne sur le journal de Saône-et-Loire qui évoque « une décennie fêtée avec éclat » ou pour les germanophones le compte-rendu de nos amis de Straubenhardt qui soulignent le plaisir qu'ils ont eu pendant ces trois journées). Comme toujours, depuis dix ans, le jumelage aura été un de ces incroyables moments de vivre-ensemble où les habitants du canton se retrouvent avec le même plaisir et partagent ce moment d'amitié et de fraternité avec leurs homologues allemands comme en témoigne la vidéo de la communauté de communes ci-dessous.

Le Conseil Intercommunal des Jeunes veut limiter la prolifération de la publicité

En moyenne chaque foyer reçoit 800 grammes de prospectus hebdomadaires. Si l'intégralité de ces prospectus finit à la poubelle, ce n'est pas moins de vingt tonnes de déchets que la communauté de communes doit détruire tous les mois, vingt tonnes ! Face à cette impressionnante donnée, les élus du conseil intercommunal des jeunes (CIJ) ont souhaité proposer aux habitants du canton un autocollant visant à limiter la distribution de ces publicités sans destinataire. Une belle réalisation à l'image des nombreux projets établis par le CIJ depuis sa création.

Créé en 2002 au sein de la communauté de communes du canton de Pont-de-Veyle, le premier CIJ du département s'est établi sur un principe simple : associer vingt-quatre jeunes du canton à la vie locale et ce pour un mandat de deux ans. Après leur élection les jeunes élus se répartissent dans trois commissions : sports, loisirs, culture ; nature et environnement ; solidarités, échanges et communication.
Tous les mois, les membres de ces commissions se réunissent pour échanger idées et réflexions et débattre des projets à mettre en œuvre. Si ces jeunes sont amenés à proposer et à défendre des actions qui les concernent, les projets qu'ils proposent aux élus intercommunaux en séance plénière s'adressent à tous les habitants du canton. En effet, lors de la création de ce CIJ, nous avons pensé ce conseil comme un espace d'expression et d'action pour les jeunes qui les forme à l'exercice d'une citoyenneté active tout en proposant un éclairage différent aux dossiers traités par la communauté de communes.
Si à ce titre la dernier action est intéressante, elle n'en demeure pas pour autant isolée. De la collecte de dons pour cantonaide à la fête de l'Europe, en passant par la réalisation de panneaux de sensibilisation à la sécurité routière, le CIJ du canton a su montrer son utilité et a contribué à former de futurs citoyens engagés.

40 ans du parc des oiseaux, un anniversaire placé sous le signe de l'avenir

Créé en 1970 par le conseil général de l'Ain, le Parc des oiseaux a su garder son rôle initial : contribuer à la sauvegarde de l'environnement et à sa mise en valeur. Après avoir traversé une crise financière en 2005 et la grippe aviaire l'année suivante, le parc a su sortir grandi de ses épreuves et est ainsi devenu le premier site touristique à entrée payante du département avec près de trois cent mille visiteurs l'an passé. Fort de cette hausse de 40% de sa fréquentation sur les deux dernières années, le Parc des oiseaux peut fêter son quarantième anniversaire avec sérénité tout en restant résolument tourné vers l'avenir.



L'avenir pour le parc des oiseaux commence tout d'abord par la participation à l'exposition universelle de Shangai du 12 au 18 juillet. Dans le cadre de la semaine dédiée au tourisme sur le thème : « Développement et Innovation », le Parc va, au même titre que le lac d'Annecy ou la grotte Chauvet, représenter la région Rhône-Alpes. L'occasion de rappeler son engagement dans un tourisme innovant et respectueux de l'environnement mais aussi de mutualiser les savoirs et expériences avec leurs homologues chinois. Le parc des oiseaux, déjà en étroite collaboration avec les réserves de Singapour, va ainsi pouvoir tisser de nouveaux liens avec les professionnels du continent asiatique et notamment avec le Wetland Park de Hong-Kong.

L'avenir du parc est marqué par un autre enjeu : continuer à protéger son patrimoine environnemental et à contribuer à la préservation des espèces. Dans ce domaine, le parc se retrouve confronté à un nouveau facteur : l'urbanisation. Tous les dix ans, l'équivalent d'un département français en terre agricole disparait. Cette urbanisation de la France en général et de la Dombes en particulier marque donc le principal défi à relever pour le parc des oiseaux. Pour assurer son avenir et la protection de l'environnement, ce lieu devrait pouvoir s'inscrire dans un parc naturel de la Dombes qui s'ajouterait à la liste des quarante-six parcs naturels régionaux. Ce label, attribué par l'Etat, a été créé pour préserver les milieux naturels et le patrimoine culturel de grande qualité dont l’équilibre est fragile, s'il était obtenu, il permettrait d'assurer le maintien d'un environnement propice aux oiseaux et à leur parc.